Archive for mars 2010

Faut-il vraiment que je m’explique à propos des hommes. J’ose croire que l’homme gai est une drôle de créature. Sans entrer dans les généralités, le fruit de mon expérience avec les mâles me démontre que, quand ceux-ci ne sont pas aussi sensibles qu’une femme lunaire, ils sont aussi sauvages que des coups de bois au ventre. Les gais font souvent très mal, par amour, par intérêt, par principe. C’est que la guerre avec le monde n’est pas encore finie. A-t-on vraiment une identité en société? Nous sommes égaux en droit et en devoir. Nous ne le sommes pas là où ça compte selon moi. La voie gaie est puissante, parce qu’elle est double. Sinon féminine, aiguë ou fraternelle, elle est carrée, heurtée et façonnée, dans un masculin qui flirte entre l’émission et la réception. Cette double nature, cette présence au coeur de l’argent et de l’or, c’est une étrange violence, entre la vie et la mort, entre son existence et sa raison d’être. Peu d’entre nous portent cette conscience, la plupart est assimilée par le modèle habituel, dans un mauvais Handfasting sarcastique. Je cherche une petite place dans le tissu socio-religieux afin de percer le mystère. Les fils de H3 sont-ils moines ou dansent-ils dans les lumières décadentes de leur crépuscule? Nous sommes les égaux en amour, c’est incontestable, sinon meilleurs. Je reviens toujours à cette vieille parole prophétique qui, au bord d’un lac saguenéen, a fait germer en moi les formes d’un vrai amour. Un Éros bisexuel aura contemplé toutes les facettes de l’amour, s’il possède la force de le porter. Et si les érudits se réveillent et sortent de leur corps, peut-être que leur leçon sera comprise.

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Mes récentes activités plus diurnes que d’habitude me font remarquer qu’à Montréal, le printemps arrive en février. J’étais adapté aux lourds hivers des régions, les bancs de neige qui dépassent le toit des maisons ; et aussi à ceux de la capitale, plus doux, mais tout aussi enveloppants. Dans cette ville, plus froide et plus bipolaire que n’importe quelle salope, on se tanne vite des beaux moments sous les flocons. Le ciel vomit ses élucubrations, s’en guérit et recommence le printemps, sans même voir ses eaux s’envoler. Ça fait peur, surtout que je me surprends à parler de la température. Ça me rassure aussi, parce que j’ai le goût de faire une liste, la liste des choses qui vont renaître bientôt, en moi et en ce monde. C’est optimiste, une liste. J’ai hâte de travailler un peu plus et peut-être avoir plus d’argent. Me gâter au Magical Blend, chez Gap et dans un bar avec du Jack. Mon projet de thèse verra le jour bientôt, j’attends que cette session ait fini de nourrir mon inspiration. Célébrer l’anniversaire de ma stagnation montréalaise en allant pour la première fois au Mont-Royal et prier au Soleil. Il faudrait que je m’immerge dans un cercle ou deux, un coven, afin de trouver où circulent les lignes Ley dans c’te ville. Prendre des notes et les ramener, les cultiver. Comme les boites à fleurs qui attendent leur sauge et leur basilic. Apprécier l’Ostara à venir en savourant l’hiver encore présente et en dégustant le dernier d’Amélie Nothomb. (Merci, amour de me pourvoir en livres.) Appeler Nath et la remercier de m’avoir dit de regarder Supernatural ; je rêve de la perversion des frères Winchester (grrrr!). Revoir quelques personnes, exorciser quelques fantômes par le fait même. Il faudrait aussi que je dessine la carte de mes ambitions, le trajet, la valeur, la préhension. Je ne vais pas faire sauter un avion, comme Zoïle, dans Le Voyage d’hiver, mais j’espère changer quelque chose, quelque part, quelque odyssée.

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