Archive for octobre 2009

En amitié, souvent on a des limites. Physiques, moins chez moi que d’autres que l’on connaît. Morales, on évite les sujets qui s’affairent sans crainte à démanteler certains principes acquis. D’autres plus insidieuses encore.

Jusqu’à quel point peut-on exprimer son amour sans se mêler les pattes dans les trames fraternelles ou sororales qui ignorent le sang? Peut-on vraiment donner de soi comme on donne un rein ou un bout de poumon? Ma présence elle-même suffit-elle à lui redonner un peu de force? Une amie chère s’est fait collisioner récemment.

Et je me surprends à me sentir faible en sa compagnie. Son corps se bat contre sa propre structure, pour lui rendre la dignité qui lui est due. Le mien s’empâte dans la bile et le sang pur. Rien ne pourrait me transcender plus que lui redonner la fierté de son origine, le pouvoir de la chasse, de s’ériger.

Comme elle, mes songes trouvent leur chemin, en effleurant le sol, en sautillant de mon esprit au sien. Je t’aime.

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J’aimerais parler quốc ngữ

Un poing a frappé au centre du corps

Débalance le coeur, réduit la chair en purée noire et saline

La peau qui éclate en suspects frissons

Le sang se débat, les sens s’émeuvent d’autant de retenue

Mes poils retiennent l’eau, qui imbibe comme larmes sur mer

Le plaisir de mes concentrismes déployés

Celui du corps qui sort de sa conscience

D’un craquement dans le masque miroir

S’engendrent le croissant, les paupières et cellules mortes

D’être plus doué pour la vie que tel ou telle

Savoir battre ses caresses

Se cacher dans les baies bleutées des pays perdus

Dois-je ouvrir chaque partie de moi pour aimer

Le relâchement

Le moment de paix

La fin

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Queer bates

Comment peut-on s’imaginer que la différence conserve en elle la ressemblance des membres d’une même espèce? Passer dix années entières au soleil le plus total, celui où l’homme qui cherche l’homme n’avait pas à se cacher, c’est une drôle de libération, en ce qui me concerne. Je n’ai pas réellement le sentiment que l’on conçoive une identité comme la mienne à part entière. Est-il possible d’abriter en soi un amour si grand, inconditionnel, asexué et pourtant narcissique? C’est ce que je crois vivre en moi, comme une conscience de l’onde humaine, la vibration de l’âme et pourtant, l’impossibilité intrinsèque de me dupliquer organiquement, ou du moins, la profonde indifférence face à ma descendance.

Nul besoin de voir chez la femme sa puissance créatrice.

Je possède la même au fond de mon creuset, mon coeur et mes paroles.

C’est un mirage écrasé qui m’aura épargné quarante années dans le désert.

C’est aussi un ultime message, celui où l’avenir n’est pas le souvenir des corps qui s’emboîtent, mais bien de deux esprits, qui s’effleurent en silence. Quelques larmes ne sauraient éroder toutes les fondations d’une humanité qui s’acharne bon gré mal gré à survivre à sa propre absurdité. Est-ce être étranger à l’amour, ou est-ce que nous montrons effectivement la voie d’une délivrance qui seule pourrait venir de ces esprits? J’aimerais trouver les échos rébarbatifs qui sommeillent en ma saine nature, ou chez le plus ancien des pédérastes, ce qui prouverait que nous sommes à la fois antéchrists et martyrs.

Façon paradoxale de dire que j’ignore peut-être en fait tout de notre raison d’être, et qu’il est vain de chercher – à moins de remettre en perspective spatiale sinon interstellaire – ce qui nous distingue vraiment, ce qui nous élève ou nous transgresse.

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Une page de Nothomb

Je bénis l’inventeur des fiançailles. La vie est jalonnée d’épreuves solides comme la pierre ; une mécanique des fluides permets d’y circuler quand même. La Bible, ce superbe traité de morale à l’usage des cailloux, des rochers et des menhirs, nous enseigne d’admirables principes pétrifiés, « que Ton verbe soit oui? oui, non? non. Ce que l’on ajoute vient du Malin » – et ceux qui s’y tiennent sont des êtres inentamables et d’un seul tenant, estimés de tous. À l’opposé, il y a des créatures incapables de ces comportements granitiques et qui, pour avancer, ne peuvent que se faufiler, s’infiltrer, contourner. Quand on demande si oui ou non elles veulent épouser untel, elles suggèrent des fiançailles, noces liquides. Les patriarches pierreux voient en elles des traîtres ou des menteurs, alors qu’elles sont sincères à la manières de l’eau. Si je suis eau, quel sens cela a-t-il de te dire oui, je vais t’épouser? Oui, je t’irriguerai, je te prodiguerai ma richesse, je te rafraîchirai, j’apaiserai ta soif, mais que sais-je de ce que sera le cours de mon fleuve, tu ne te baigneras jamais deux fois dans la même fiancée. – Ni d’Ève ni d’Adam

Parce que personne n’aurait pu si bien parler de l’amour, du vrai, celui où l’un et l’autre demeurent intact, et pourtant se métamorphosent doucement d’une illusion si parfaite qu’elle ressemble à une foi sadique. Sacrée Amélie.

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