Archive for décembre 2009

J’ai appris l’existence récemment du festival Burning Man, cette réunion immense et annuelle d’illuminés, de fêtards, de chercheurs, de croyants, de sacrifices qui, pendant une semaine, fait patienter ses masses autour de l’opportunité de voir l’Homme brûler. C’est dans mes projets d’y aller, sinon grâce à l’appui de l’université, qui me permettrait d’aller jaser quelques jours avec les fags et les païens américains et/ou internationaux sans trop de frais, sinon par mes propres et pauvres moyens. Même si de nombreux projets tombent à l’eau depuis quelques mois, je m’imagine déjà là-bas. J’ai rencontré quelques initiés, qui m’ont inspiré confiance quant aux sables du désert. Je modifie mes travaux afin de donner sa place logique au Burning Man dans ma recherche, sous l’aile d’un jeune chercheur passionné, lui-même en brasier. Et j’ai lu ceci :

« Le sacré est précisément comparable à la flamme qui détruit le bois en le consumant. C’est ce contraire d’une chose qu’est l’incendie illimité, il se propage, il irradie la chaleur et la lumière, il enflamme et il aveugle, et celui qu’il enflamme et qu’il aveugle, à son tour, soudainement, enflamme et aveugle. »

Cette phrase de Georges Bataille me pousse à croire que le paradoxe de la fête, qui obligerait à la spontanéité, n’est autre que l’excuse pour créer son sacré, renouveler la nature tout comme l’image de l’homme. Assez de petits feux dans le creux d’un chaudron, j’ai envie de goûter une autre vibration que la mienne. Je veux jeter les vieux rythmes dans le feu, parmi ceux de milliers d’autres, de voir la lumière s’en échapper en artifices et d’écouter le murmure du bois qui crépite et révèle nos secrets à l’univers entier. Cette excuse, je me la donne une fois de plus.

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Que feront les jours avant de mourir

de voir les secondes se perdre dans l’évier

de sentir s’affaiblir son côté droit avant le gauche

Ils exploseront parmi les bosquets et les roseraies

du sel jusqu’à la rivière, dans de grandes voiles mates

le bleu du fond des temps, ils somnoleront pendant le zénith

Espérant un nuage ou un banc d’invention

pour dévorer le reste de leur bronzage

Apprendront à voir quelque lumière ou bougie oculaire

visionnaire, qui se laisse cueillir et décuple son oeuvre

changera l’ère, et l’oxygène dans l’eau

Que ferai-je dans l’attente de ces jours

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