Archive for avril 2010

l’abandon

J’essaie de trouver le moyen de rationaliser ce sentiment. Trop loin de moi ou trop peu criant, il a réussi à s’imprégner assez profondément dans les piliers de mon ambition comme un mauvais signe dans une blague collective. Il ne sert à rien de vouloir en trouver le sens, il débouche sur le vide, qui s’engendre lui-même, qui se referme lorsque les mirages s’éteignent.

C’est une damnée impression de perte, qui se résume à un contrôle éhonté du profane sans réelle prise sur le sacré. C’est aussi un besoin de distance. Entre les naufragés et les pirates, toute une menace s’impose. Je choisis de finir mes jours sur les restes de mon bateau, à me nourrir des oiseaux qui plongent vers leur mort. Je laisse à d’autres le soin de les chasser, de laver leurs ailes pleines de suie, de les gaver d’ambroisie et d’hydromel.

Il suffit de toutes ces preuves idéales à fournir. Je suis un pseudo-criminel qui faute par l’amour des dégoûts terrestres. Je n’ai plus envie de penser ces crimes. Je me dois de les vendre au moins offrant afin de les activer en moi, les absoudre par leur propre absurdité. Que mon jugement soit celui d’un enfant naïf qui plaide la paix et raffole de ses propres pages blanches. C’est un verdict auquel j’offrirai ma foi.

Aussi dis-je que le combat est terminé, j’ignore si j’ai vraiment perdu ou gagné. Je sais que l’ennemi se métamorphosera seulement en un autre plus sale encore. Alors j’anticipe un départ cent mètres avant la ligne et un coup de feu, que j’entendrai de loin, me forcera à enfourcher le balai ou à briser quelques murs. Que se poursuive cette guerre absurde et nécessaire, aussi malaisée que son existence.

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page blanche à l’eau

nausée de l’encre par terre

froideur des mots vides

j’ignore les suivants dansent dans l’air pur

la nuque et les pieds liés noeuds noués dans les os souples

foi aux roux pigments et douce immanence

perles de secrets

moqueries de galopin

lasse trinité

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