Archive for août 2009

Je mets mon propre blaze au défi d’avoir raison. J’éprouve depuis peu une crise du roman. Si rien ne me comble tous mes besoins romanesques, je me suis pourtant essayé cette fois avec Jean Barbe. Auteur et éditeur qui m’horripile d’abord par son passage faux-nez à TLMEP, je suis ce genre le lecteur dont le coeur de papier a été arraché par le manque d’humanité et de conscience de son auteure préférée. Je suis méfiant de ses grands cheveux d’argent, et je le suis autant des balles qui sifflent à mes oreilles, ou qui me passent sous le nez. Comment devenir un monstre me déçoit, je l’avais prédit d’avance, et au final? Cette fausse prémonition n’a que vingt pages à franchir avant de réellement pouvoir écrire mon nom dans le coin droit, en haut, d’une page blanche du début. Je n’ai pas vu le monstre dans le roman, on me garde en haleine de façon idiote. J’ai l’impression d’assister à un film d’horreur de série B, je sais que toutes les applications philosophiques sont étalées, bien évidentes, devant la populace. Je n’ai pas connu la guerre, autre celle de ma pauvre survie, qui constitue, en fait le talon d’Achille de toute guerre. Moi aussi je suis un littéraire qui aime la bouffe et qui considère que ses correspondances avec les mots dépassent la portée des sens. Big deal. Par contre, je respecte son talent pour le récit. Je serai toujours incapable d’y arriver et je m’agenouille toujours devant ceux qui captent mon attention pendant plus de vingt pages. C’est ce qui lui reste, à ce roman, pour trouver un chemin unique vers mon petit goût snobinard (everyone’s a critic). J’irais donc me plonger sous quelques centimètres d’eau urbanisée afin de profiter de cet excipit tant attendu.

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Une tornade pour Lugh

J’aime une poésie qui se recueille dans le temps. Je ne peux écrire qu’une fois par lune? selon le chaud et le froid des fronts québécois? par groupes de trois malaises, euphories ou fracas. Je prends mon temps pour les cueillir, parce qu’il se font rares, parce que mes mains ont perdu leur agilité. En été, je pince la tige des mots, j’ai peur qu’ils ne repoussent jamais. Je n’ai rien pour les conserver, que quelques nourritures intellectuelles. Voilà, je veux trouver l’esprit de ma forme dans le résultat, j’ai quelques mots à étaler pour ma génération, pour les reliques des reliques des oghams, de la Bible, des arbres dans le sol. J’aimerais connecter plus d’idées entre elles, ai-je besoin des cycles vivants pour m’y appliquer? Les enseignements des temps anciens, ceux qui sont cachés dans les mains de mon histoire. Mais ces idées sont pour moi, et je ne sais comment les fusionner à cette terre incarnée qui m’inspire. Ma voix et ma vision ne dépassent pas encore la cime d’un sapin de Noël un peu artificiel et courbé. J’ai l’étoile un peu croche, en ce moment. Et mes moutons sont morts dans la crèche. Ils reviendront, en temps, foutre la merde dans les pâturages qui me servent de cuisine. Au dessus, de ma tête, sur le mur, il y a l’horloge qui me dira quand il faudra nettoyer tout cela, avant que ne s’y mettent la pluie et le vent.

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