Archive for janvier 2009

 

chevalLes jambes d’un cheval palpitent à l’horizon

C’est un ballet de soie qui claque sur la toile

Roussellures effacées sur la peau émaillée

De tes premiers éclats, un saut dans la chanson.

 

Je parle ainsi de toi, une Anglaise m’inspire

Dans sa verve des fonds, de l’âme, de la foi.

Un souvenir rouillé, un vieux cheval de toit.

C’est ton éclat filtré par des litres en huile.

 

Une prière par-ci, j’inscris dans la méthode*

Une note frisée, qui pointe vers le bas.

Une cercle en plus pour toi, et je sonne le glas.

 

Pour retrouver les airs, du temps des cavaliers,

J’inspire, j’expire, ça te sied.

Le reste s’étonne.

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Je crois fortement aux convergences. On m’a dit Nexus ce matin. Je ne parle pas assez de ces petits détails importants qui résonnent dans ma vie. Je ris tranquillement dans un moment d’égarement. Même mon cendrier est vide ce matin. Puis je me vois dans la peau d’un autre, parmi des cercles de philosophes, qui lisent leurs petits billets.

This, doesn’t have a soul, I said.

C’est dans les moments d’égarement que les convergences arrivent, peut-être. Dans un âge qui se reflète dans un autre monde, dans une horreur à la Hellmouth, ou dans une puissance sombre ou tellement lumineuse. Selon l’âme. Je ne sais pas si j’en ajoute. J’aimerais en avoir partout, dans les traces que je laisse, dans les mots de mes cordes vocales. On ne peut se satisfaire de rester dans le vide. L’égarement serre ma vie, mes pages. J’ai des noms, une liste de choses à faire, des horizons à voir encore, de loin.

convergences

Mythocritique, sémiotique, rhétorique.

Je ne sais pas où ça va mener, tout ça.

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Demain, c’est mercredi*

Après une drôle de nuit passée en-deçà du sommeil, mon esprit s’est tranquillement remis de ses dernières vacances. Ce matin, presqu’un soir j’ai l’impression, la musique qui entraîne mes journées d’hiver, joue dans ma tête comme une trame dont le souffle s’accélère. Les premiers mouvements sont plutôt faciles à retenir. Ensuite viennent les défis. Je devrai prouver. Je peine à lire les notes, ce n’est pas un mystère. Les accepter aussi, c’est tortueux, parfois. Et pas souvent très juste. Ça s’en vient. Ce matin, c’est ce que mes quatre ou cinq heures de sommeil m’auront appris.

Tu devras perfectionner quelques changements, tirer sur certains fils pour qu’ils s’écrient davantage, apprendre à sauteur d’une page à l’autre sans oublier. N’oublie pas que tes personnages te bernent, que leur humour est au-dessus du tien, que leur chanter la pomme n’aidera en rien. Que plus tu tournes autour du pot, plus tu perds la mélodie.

Un violon n’est pas un tourne-disque. Un roman n’est pas un codex. Prends ton pouls de temps en temps.

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C’est comme quand on entend en file pour rentrer de la récréation. Parce que les plus vieux ont tellement l’air méchant. Et parce que j’ai froid du bout des doigts, ou j’ai les mains humides dans mon manteau. J’ai 7 ans, sûrement. Dans mes souvenirs, j’ai toujours 7 ans. Je couve certainement un rhume, parce que j’en couve un tout le temps. On dirait.

C’est comme quand j’ai acheté mon premier livre, parce que je me suis dit que c’était là ma vie, c’était la première pulsation, le premier cercle concentrique. Cette fois, je suis plus vieux, je vois les couches que je dois acquérir avant d’être prêt. Encore, mes doigts n’atterrissent pas au bon son sur le manche. De violon ou de la page. Mes parents m’ont donné le mauvais nom. J’aurais dû avoir un nom musical, un qui bat la chamade, un rythme un peu plus allegro moderato. Mon rythme est lent. Il couve un rhume.

C’est parce que je veux le dire, faire le lien entre toi et moi. J’ai envie d’écrire la même chose que toi pour lier, pour nous tisser un petit quelque chose. Mais j’attends en file. Cette salle d’attente où passe la même musique nostalgique. Qui martèle. Qui rappelle. Qui écoute les secours repartir sans moi.

J’ai reçu de drôles de réponses à mes questions. Vide tes poches de manteau, je veux voir où sont tes mains. Montre-moi le revers de tes barniques, je veux savoir ce que tu vois. Passe-moi ta langue, je veux te parler. Peut-être que si je retrouve ma santé. Si je retrouve les clefs perdues dans les coutures. Si je retrouve ce pendentif bleu lancé dans la rivière, et que je te le donne. C’est comme ça quand on attend en file, les livres font échos, et la musique se répète quatre ou cinq fois. Mais je dois partir, il ne reste personne en avant de moi. Je trébuche et je m’impatiente. J’écrirai ces choses plus tard. Il me reste ce la à jouer de la bonne façon.

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J’ai froid, parce que les versets dans mes livres n’ont plus de symétrie. Mon ventre est celui d’un océan sillonné par des empreintes invisibles, des montagnes qui bougent. J’ai froid parce que mes journées sont habitées de cauchemars, les rideaux fermés, les oreilles bouchées. Par l’eau et par l’oreiller. J’ai mon coeur qui bat. J’ai la nuit plus longue que d’habitude, ça vibre derrière ma tête. Une présence de plus qui bloque. Les yeux, et le nez, et la bouche… le son n’est que moitié. Celle qui s’ennuie de l’autre. Un pas vers la victoire est cet océan à traverser. Quelqu’un peut-il entendre? J’ai un drôle de froid, enfoui profondément dans mon cerveau, dans la partie de l’énergie, de la sexualité, qui lit l’invisible. Mon siècle est à recommencer, parce que j’ai éternué au moment où j’allais réussir. J’ai le palimpseste effacé. Gratté par de la glace. J’ai la saveur oubliée.

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J’hésite vraiment avec les mots. De l’un qui se perd dans le lieu commun, dans cette grande prairie jaunie des romans et poèmes trop lus. De l’autre qui s’inclut en lui-même comme un vieil ermite qui rechigne sur les fourmis sous son évier. J’hésite entre le fait de dire et de ne pas dire, parce que j’ai trop lu de mots trop vite crachés, et d’idées encore trop froides pour servir. J’hésite parce que je suis piégé en permanence entre un début de rhume et une envie de courir. Dans une petite pièce dont le sol est fait de glace, et les murs sont de vieilles vignes desséchées. J’hésite les mots en parole, vous le savez, et surtout à l’écrit. Souvent ça me fait mal d’avoir à choisir rapidement. Je suis coincé entre l’instinct de ces mots et leur parfait arrangement créé par le travail. Ou est-ce que c’est seulement l’envie et le besoin des deux qui me piègent. J’hésite à poser une question, parce que la réponse ne m’intéresse pas vraiment, peut-être.

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