Archive for décembre 2008

Nous sommes très peu à écrire durant ces jours assourdis. Les bons écrivains arrêtent le temps de dédire le kitsch, les mauvais lecteurs ne se risquent même pas aux contes de Noël.

C’est le temps de conter jusqu’à douze et d’imaginer qu’un passage vient de se faire. C’est le moment qui a été choisi pour donner à notre monde un peu de pénombre pour dormir. Pour rendre hommage à cette pénombre, pour goûter son illusion confortable.

Dehors, la neige blanche ne fait rien pour se purifier. Je n’écrirai que très peu, tout compte fait. Parce que je ressens le besoin de combattre, mais peut-être pas de gagner. Pas en ce moment.

gaysanta

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J’ai les tripes qui gueulent : « Rattrape-le avant qu’il te digère. »

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Que ce blogue bénéficie des paroles d’Edgar Malroy: 

Edgar nous entretenait des sujets les plus variés. Il nous parlait bien sûr de sa supposition raisonnable et de la relativité linguistique, et nous rappelait qu’aucune assertion métaphysique n’était meilleure qu’une autre. Parler de l’existence d’un être suprême hors de l’espace et du temps. « Ca peut être n’importe quoi, là-haut, disait-il. L’univers a peut-être la forme d’un vagin, pour autant qu’on sache. Le prêtre, le métaphysicien prétend nous apprendre du haut de sa chair ce qui existe, alors qu’il n’émet jamais qu’une supposition ou, pire encore, colporte quelque rumeur venue de temps obscurs. Et ces supposition ne reposent sur rien. Le métaphysicien prend des vessies pour des lanternes. Il rêve de lumière dans les ténèbres et raconte des balivernes. Bref, la religion n’est que foutaises. »

En voilà un ouch dans le bas du dos, une dent qui mort la joue intérieure droite, un peu d’huile d’orange dans l’oeil. Bo Fowler et Scepticisme & Cie. Une écriture qui nous fait demander pourquoi on croit, surtout quand on croit ne pas croire. Qui sait?

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Avant/Après : Pour le Yule

Puis vint dans ses lieux froids, le temps de retrouver sa meute. Emmener son compagnon avec lui, traverser la forêt et la grande montagne jusque dans la vallée. Trouver la rivière, se diriger à partir de là. C’était avant l’époque où les jours reprennent leur dominion, tranquillement, tout comme lui qui traînait dans les ruelles. Il aurait à appeler ses vieux maîtres, avec autre chose que ses pensées. Surtout celui qui enjolive d’accents classiques ses portées.

Avant que ça passe, j’aurai droit à une morale ou deux, à quelques beaux principes. Des anciens dans la vieille grotte près de l’académie. La vallée est encore très grande, j’avais alors oublié. J’aurai à les appeler eux aussi. Et après, peut-être que mon repos sera encore lointain. Avant que les nuits gagnent en intensité, en noirceur toujours lointaine. Ainsi soit fait.

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Je tiens à parler d’un écrivain serbe. Saillant, qui pointe vers le soleil, vers les drôles de couleurs qu’il dégage quand on délire un peu. Parce que le délire, il le rend effervescent, époustouflant de vérité confondue, dans un monde défait de ses doxa. Svetislav Basara, je n’ai lu que deux romans de lui. Il m’a conquis, très peu d’auteurs ont réussi à le faire vraiment. Voyez, j’aime Nothomb, mais elle ne m’a pas vraiment gagné à sa cause. Le Moyne, Rivard, Giguère, oui… et maintenant Basara. C’est un drôle de bonhomme, parfois présent dans ses romans comme un désaxé de la plume, ou comme une image d’un lui-même. Il est vrai et caustique. Il se demande, comme je me demande souvent. Il défait son travail en le faisant, c’est la compétence de l’incompétence. Il écrit ses romans comme je n’écrirai jamais de romans. 

Un roman est toujours un faux et une construction, quelque effort que fassent l’auteur et ses complices, les théoriciens, pour démontrer le contraire. Si cela peut servir de justification, ladite Ana ressemble vraiment à l’apparition de mon Anima. En fin de compte, la mimesis gagne toujours la partie.

Je l’aime parce que ses personnages croient descendre du néant, parce qu’ils sont des caméléons de l’idée, des rhéteurs nés qui croient en l’implacable logique littéraire. Des fois, je veux écrire mon corps ailleurs dans le monde, et avoir le délire comme le sommet de mon acuité sensorielle. Je veux tisser le lien manquant entre écrire et vivre, avec des noeuds d’hydrogène métallique.

guidemongolie   miroir

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candle2J’ai presque eu besoin de prendre une pause, de m’adosser un long moment froid sur la façade d’une église, de baisser le dossier de mon banc au plus loin de mes jambes. J’ai ressenti ce petit silence pointé dans la mélodie des livres et des flammes. J’ai vécu un peu le jour, ce jour d’hiver perdu au Sud, au soleil. Sur la glace, on ne laisse pas de traces. J’ai vu la glace la nuit, aussi dure que le jour. J’y ai glissé un bref instant, puis repris pied dans mes idées, avec la guerre sous mes yeux littéraires, avec les quêtes qui se dédoublent. Jonquière ou Mistassini? Charlevoix… j’y suis allé ailleurs. D’ailleurs. La glace y est aussi pesante.

J’écris ce mot parce que mes doigts ont froid de l’intérieur. Pas le froid du dehors quand s’ouvre la porte, pas le froid aide mes doigts à jouer, quand ils ont encore le parfum des clémentines. C’est le froid de la fatigue, celle des jours qui sommeillent la nuit. J’ai trop pas assez lu. Ces lentes montées qui se terminent dans le vide d’un quatrième de couverture… Il était temps que ça finisse, ces papercuts sur l’âme. Je dois ressentir l’appel de la poésie. Ou est-ce que c’est Ponge qui me réveille tout ça? Les doigts et leur âme engourdie. J’en avais besoin.

Ainsi je me perds dans l’histoire, dans la mienne et dans celle des autres. J’ai le droit d’évacher ma vie, il va pleuvoir dans quelques minutes. Les choses vont retomber, on verra si j’ai encore sommeil après. Sauf si c’est la nuit. La nuit, mon histoire a plus de repères. La lune excuse la pluie, la neige, et la lumière qui a perdu son élan. J’ai pris une pause en même temps.

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Ceci fut une autre nuit blanche, une nuit orange. Passée par terre, au sol de mon être sauvage, ou presque. J’ai la jetée du vieux souvenir pourri, quand même, et des artefacts éclairent les lignes de nos mains, les veines sur nos bras. Je n’ose pas parler d’extase, vraiment. C’est péjoratif. Mais cette nuit orange… ceci fut le spectacle de son spectre. 

Cette petite nuit ronde dans les coins, avec de la musique qui joue derrière, douce et classique, c’est différent des jours invectifs. On entend l’oreille de l’autre vibrer, on sent la sécheresse des lèvres avant d’y avoir touché. La nuit enfumée, d’encens, d’idées, de magnésium brûlant, nos teints non plus le choix. La nuit les abandonne dans la bataille. Nous sommes blancs, toi plus que moi. Et dans la nuit orange, même l’eau n’entre plus. Que fumée et silence.

Je ne peux pas croire que j’ai dit ça. Dans les détails. L’histoire du chat* avec les lieux qui se connectent entre eux dans le temps. Et les vieux souvenirs pourris… J’en ai mal aux dents.

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