Archive for avril 2009

le_tunnel_de_la_peurJe n’aurais jamais cru le dire. J’hésite à le ressentir. En ce moment, je suis effrayé. Rares sont les moments où je l’ai vraiment été. Cette fois, le moment est trop long pour moi. J’appréhende le monde de dehors, la trop grande ville. Celle où je devrais refaire mon nom, vaincre l’anonymat, briser et colmater mon image à nouveau. Celle où s’évaderont certains repères, mes sentiers de marche, de vélo, d’autobus. Fini la haute et la basse ville, si réconfortantes. Comme les extrémités de la St-Do, de Monfort ou de St-Hubert. La verticale ne voudra plus dire que gratte-ciel. Le temps s’écoule trop lentement quand on ignore ses horizons, les belles limites de sa bulle urbaine. Comme un chaton qui sort de sa boîte, je chercherai les murs, et ma mère de temps en temps. Comme un vieil ermite, j’essaierai de marcher jusqu’aux limites de ma forêt, pour en saisir l’envergure. Réussirai-je? Saurai-je m’appuyer sur un de ces murs, ou est-ce que je me perdrai loin, loin, loin…

Je songe souvent à cet égarement, l’oubli de son chez soi. C’est se réveiller dans le rêve, retourner là où des étrangers habitent maintenant. Je me creuse la tête, j’ignore même comment avancer. J’ignore mon adresse, comme un enfant, sans ma clé autour du cou. Souvent, mon vélo est avec moi… ou cette panthère aux yeux sombres qui me laisse la caresser. Je n’ai pas retrouvé mon chemin encore. Merde, où ai-je mis mon lit? C’est peut-être cela l’esprit du nomade. Un petit nomade saguenéen, la tête rasée et les yeux devant les paupières. Qui répond aux passages, habite sous les ponts, sans argent. Prendre le monde en moi, j’ignore ceux qui me marchent sur la tête. Qu’on me donne assez pour vivre de tomates et de lait, je survivrai probablement quelques années encore.

Je l’ai dit, c’est fait. Puissent alors ces paroles me rappeler ce sentiment, afin qu’il ne reprenne jamais forme ailleurs. Vivre ainsi et rendre au monde son angoisse, en plein visage.

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Petite digression agréable sur le livre et la littérature. Diffusez chères gens!

1. Plutôt corne ou marque-page ?

Malheureusement corne. Je suis un éternel abuseur de livres.

2. Un livre en cadeau ?

Presque jamais. J’ai peur de décevoir.

3. Lis-tu dans ton bain?

Presque essentiellement. Mes lectures hors recherches me voient beaucoup à poil.

4. As-tu déjà pensé à écrire un livre?

Bien sûr, un petit roman d’exploration sexuelle à 13 ans, un peu sci-fi, pseudo-ésotérique. Mais pour le reste, j’ai presque jeté la serviette.

5. Que penses-tu des séries de plusieurs tomes?

Si c’est ludique, parfait. Sinon, lâchez les longues histoires d’amour à travers les siècles.

6. As-tu un livre culte ?

Je ne sais pas. Mon premier livre préféré a été La Reine des Damnés d’Anne Rice… que j’ai lu en français à l’époque. Sinon Crime et Châtiments m’a énormément marqué.

7. Aimes-tu relire?

Pas vraiment. Quelques paragraphes parfois, un poème ou deux le plus souvent. 

8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés?

J’ai crié sur Christine Brouillette à 16 ans, j’ai figé devant Michel Tremblay et je suis terrifié par Yvon Rivard. Alors non.

9. Aimes-tu parler de tes lectures ?

Oui, mais j’ai toujours l’impression de m’emporter et de perdre mon interlocuteur. Avec certains amis, si on a lu les mêmes trucs.

10. Comment choisis-tu tes livres ?

Souvent par leur titre, leur hétéroclime du moment, l’édition et l’odeur. 

11. Une lecture inavouable?

Diana Gabaldon, Le Chardon et le Tartan. Je me fous de ce qu’elle pense, cette connasse dans le livre, mais les hommes me stimulent.

12. Des endroits préférés pour lire?

Mon bain, sans conteste. Au DKN-0468, sporadiquement.

13. Un livre idéal pour toi serait ?

Directement inséré par rayon dans mon cerveau.

14. Lire par-dessus l’épaule ?

La plupart du temps, je suis trop petit pour ça.

15. Télé, jeux vidéos ou livre ?

Les trois. Mais en DVD, avec beaucoup de sang et de violence, et avec un minimum de jugeote.

16. Lire et manger ?

Impossible, je fous de la moutarde partout.

17. Lecture en musique, en silence, peu importe ?

La recherche sur du classique, le plaisir en silence.

18. Lire un livre électronique ?

Des versions originales parfois, pour des références. C’est tout.

19. Le livre vous tombe des mains : aller jusqu’au bout ou pas ?

Si j’ai lu le deux tiers, je considère que je peux arrêter.

20. Qu’arrive t-il à la page 100?

Holden : « I kept hoping it wasn’t my door they were knocking on, but I knew damn well it was. I don’t know how I knew, but I knew. I knew who it was too. I’m psychic. » Yeah, right…

21. Un livre que tu donnerais à ton pire ennemi?

Je ne sais pas, j’aime tout ce que je lis d’une façon ou une autre. Les pires sont les poètes qui nous prennent pour des morons.

 

Merci à miss Sflvaun. Comme je n’ai pas envie de tagger d’une maladie virtuelle la toile internet, taggez-vous si ça vous dit!

catcher

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Merde, Merde, Merdreee… Ce genre de situation me purge les entrailles du corps. Eux voudraient bien voir les leurs faire pareil, ou leur cerveau du moins. C’est trop vrai pour toi? Ça manque de distance, d’alchimie de l’apparence pour eux. Je le vois comme ça, dans un regard diaphane, presque univoque. Sans réponse vraiment, seulement quelques haussements d’épaules, de sourcils. Un rire de temps en temps, parce qu’un mot est trop long. Une petite danse subite et éphémère. Je dois toujours les sortir de leur poisse.

Je ne suis jamais vraiment le seul à avoir posé le regard sur eux. Ce même regard, comme un instinct de l’âme qui a pitié, je le partage. On se donne la main, de loin, pour les sortir du trou. La main la plus forte. C’est presque l’enjoindre avec l’esprit, le coeur, la sagesse*. J’ai foi en cela. Et l’on espère repartir avec le sentiment d’avoir accompli au moins un peu dans la grande toile de l’humanité. C’est sûrement de la pure merdre, au sens pataphysique du terme. Pour eux et pour moi, parce que c’est dans les schismes que le monde refait son visage.

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Se débat le mot,beltane

La triade saisonnière,

Encercler le centre.

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Quand on parle en terme d’année, on se sent un peu plus vieux. Au tournant du quart de siècle, quelques années risibles dans le temps, soutenues par une petite enveloppe de sable et de crachat, on a l’impression d’avoir vécu davantage. Notre enfance est plus longue parce qu’on a supporté nos bagages et ceux de nos alter ego. On ne voit plus vraiment ses traces derrières. Attention aux chasseurs, rappelons-nous. Le monde semble de moins en moins pour nous. La plupart des grands cercles sont formés de traits fuyants, de longs tissus de mensonges, ou de heureux hasards. Quand on y pense, aucun type n’est vraiment nôtre. La Bruyère devrait revoir certaines choses… s’il était vivant, il ragerait sur nous. Ou rirait-il, lui aussi.

Quand on parle d’années, on se les imagine toutes égales. Les sédentaires dans l’âme, les sabliers épuisés et les paradoxes charmants les ont striées. En quelques bandes de couleurs, en quelques symboles réduits à la chair, ses années réduites en secondes, quelque part dans les souvenirs. On parle d’années sans trop en comprendre la longueur. On ne les ancre dans vraiment rien, elles vont et viennent entre les anecdotes et les messes basses. Autant se donner en spectacle. Le monde a son humour, le notre sonne déjà.

Je n’ai d’autre mot que les années, pour décrire l’indifférence nécessaire des autres, l’obscure mystique de notre condition, et ce sentiment que nos amours ne seront jamais que supérieures, sinon aliénées.

probeme

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