Archive for novembre 2009

Je ne sais pas ce qui motive ce billet, vraiment. Je suis en train de lire Paul Auster et, comme d’habitude, il me vient trop d’idées en le lisant, que sa lecture devient problématique. Je ne sais plus si je le trouve pédant ou intelligent. J’aime sa façon de voir les choses, mais pas ce qu’il dit. « Mais bon, y’a une bonne bonne pêche, c’est un homme mur, y’a des mômes, une voiture », dit Tryo, comme une drôle de réponse à sa phrase « Les livres naissent de l’ignorance, et s’ils continuent à vivre après avoir été écrits, ce n’est que dans la mesure où on ne peut les comprendre. » Est-ce que Paul Auster est résigné? Pourquoi ai-je l’impression que cette phrase n’est pas fausse, et que je suis devenu tel un vieux garçon devant la littérature ou, du moins, devant le roman? Qui ne cherche plus le coeur sommeille à son côté. Ai-je trop goûté mon ignorance dans le romanesque, dans le narratif, dans ce qui fait du monde un monde si agressif et vivant? Je n’ai pas encore vraiment saisi la nature du démon qui se cache sous la ville de New York, dans Léviathan. Je suis peut-être assez naïf pour ne pas croire à une mauvaise prémonition zéroéenne. Alors je préfère donner mes premières impressions, c’est mieux qu’une longue diatribe trop critique. Pour cette raison, je lirai toute la nuit, comme un sacrifice somniaque, comme le one-night stand du lonesome quadragénaire. Et je savourerai le roman sans vraiment comprendre sa pleine puissance.

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Décidément, j’ai eu besoin d’un long silence, un petit mois sans parler en marchant sur des oeufs. La somme de ces jours ne déborde pas vraiment encore, leur coquille à peine craquée, on ne m’a pas assez violenté les idées. Mais j’éprouve une redondante et plate appréhension, de voir de derrière tous ces livres et ces auteurs dont je ne pourrai plus citer les noms, autrement qu’en exergue, et tous ceux qui se trouvent maintenant sur la tablettes du haut, celle des grands. À ce qu’il paraît, ça commence surtout avec Weber et Durkheim, et leurs textes fondateurs. On reverra sûrement Eliade qui m’apportera autant de réconfort dans ces classes montréalaises que le faisait Dostoïevski à mes débuts lavallois. Cette fois-ci la Russie ne me servira à rien. Je chéris donc Ovide plus que jamais et je m’accroche à Northrop Frye comme une bouée entre les mers littéraires et religiologiques.

J’attribue une nouvelle fois ce silence à l’absorption. Je reprends l’expression du dernier François récemment apparu dans ma vie, je verse du charbon dans ma fournaise. Je crois qu’il a bien vu en moi mon élémental de feu. Il m’a pris pour un homme en recherche constante de combustibles, de nouvelles vivacités, d’énergies qui sommeillent encore en plusieurs parties de son cerveau. Il a vu la lave de mes veines plutôt qu’écouté mes paroles aériennes. Je préfère, c’est peut-être là la nature du changement qui s’opère. Je sais voler, il est temps de détruire quelques villages par la déflagration de mon envol. Repousseront peut-être ensuite quelques contrées plus prospères, qui verront naître certains succès ou les prémisses de leur retour à la poussière.

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