Archive for mars 2009

L’outillage

Bouh… j’ai l’impression de vouloir écrire une obsolète métaphore. Je ne le ferai peut-être pas. J’ai le goût d’être poétique, d’écrire avec de l’encre au thé vert. Pourtant, je n’ai pas la concentration, je n’ai pas le centre, pour prouver mes choix. Je n’ai pas non plus la gravité pour écrire. Parce que je veux parler de peaux, de vêtements, d’auras, et que ça peut sonner creux. Je veux faire la métaphore primitive et fatiguée de l’eau, de l’homme qui chasse pour se vêtir de ses adversaires, d’un pauvre Prométhée un peu fucké. Je voudrais que l’écran fasse se mouvoir l’air. Parce que ça fait moins mal aux pieds, courir avec les mauvaises chaussures, sentir le vent, rager sur la musique qui arrête. En hiver, on tue des animaux plus sauvages que soi-même. Et au printemps, on se met à les porter, lorsque le soleil le permet. Il a poli toute surface, et on polit les nôtres, avec les révolutions. J’ai déjà parlé du reste, qui semble encore se dessiner en départ, on plie les tentes et on laisse derrière. On pense tracer de petites lignes sur les coeurs, des écorchures ou des anévrismes dans les cerveaux. Les miens changent, qu’on n’essaie pas de me les manger. Peu importe, je suis l’éclaireur. Je reconnaîtrai les clowns mesquins, les diables urbains et leur version de violence, les évitant dans les pièges rhétoriques. Attendez dehors quelques secondes.

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Je suis né il y a presque 25 ans. Notre jeunesse au Saguenay a été un beau banc d’essai, une belle manière d’expérimenter le monde extérieur avant d’y jeter tête baissée tout notre intérieur, dans la mêlée poétique. J’ai lu beaucoup depuis, en cinq années d’étranges motifs, on voit les fleurs dans le tapis s’atténuer, devenir une occurrence de plus dans le long long tissage. En ce cinq ans-plus-tard, je relis des vieux trucs, des qui logent dans les bas étages de bibliothèque, des qui se taillent une forme sur la toile des salles de cinéma. J’ai écrit ceci, à 19 ans, prophète que je fus.

Je suis né il y a vingt ans et…

J’ai rêvé d’une terre, d’où les richesses abondent, je l’ai eu. J’ai rêvé d’un peuple libre, coloré en bleu, je l’ai eu. J’ai imaginé une foule qui danse autour d’un feu, on me l’a donnée. J’ai voulu un pays petit, mais plus grand que le monde, et j’y vis. Puis on me l’a détruit… Avec de bonnes intentions, tachées du sang des pauvres. Avec des vérités, dont la justice se sauve. Oublié par les aveugles dans leur prison dorée, évincé par les faux maîtres des affamés repus. Parce que ceux qui voulait, n’ont pas pu, parce que ceux qui ont pu n’y avaient pas pensé. Maintenant, je rêve… D’une terre saine, où l’on récolte ce que l’on sème, d’un pays affranchi, où le fils n’est pas le père, d’un peuple déférent, qui ne crée que des prophètes, et d’un monde où le beau temps reste avec la pluie.

Malgré le petit manque d’originalité dans les thèmes, on voit que ce que j’étais, et ce qu’il reste de nous. Nous étions si idéalistes, les petits bleuets d’argiles et de savoir. J’en ressens les échos lointains, sur une trame sonore presque quétainement nostalgique. Nous poussions sur le bord des cours d’eau et des lacs. Je suis le fleuve, plus au sud encore. Le poème me donne rendez-vous dans 5 ans, quand la vingtaine sera un vieux nombre désuet, un souvenir de sagesse, inscrit dans la marge. Ou qu’encore une fois, je relis les lignes invisibles qui se tracent dans la grande main de la nature.

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Pousser la métaphore

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J’ai lancé un message ce matin, dans cette drôle de structure virtuelle qui me sied à merveille. Parce que j’ai réfléchi un peu plus longtemps à ce que pouvait être la raison de mon indignation. Le mot était important. Intuition. C’est peut-être un pas vers la foi, un peu avant d’en être arrivé aux grands phares qui guident le voyage.

C’est une étrange expression, vraiment l’intuition. On l’expérimente en tant qu’homme de notre temps. Je suis les cartes de notre urbanité, comme un catalyseur d’ondes invisibles. On a fait trop d’accessoires pour entourer nos rituels. Les haltes passent comme des rêves, une idée floue entre deux discussions aventureuses.

C’est le monde qui s’accélère, sur Terre, en mer et dans les airs. Comme trois étapes de plus avant de lier d’intuition le point A et le point B, comme des nomades un peu retardés. Nous verrons lorsque les feux du Litha s’allumeront, lorsque la lune aura pris assez de temps en son ventre pour dévier le chemin souhaité.

Dans l’attente, j’envoie des messages, par-ci par-là, comme des signaux de fumée au loin pour avertir de notre arrivée. Dans l’attente, j’allume de petits feux qui ponctuent bien le ciel, d’odeurs d’été et de nouveauté, d’expansion. Comme trois points d’exclamation. Et dans l’attente, quand je reverrai le clan du sud, préparons la voie comme le faisaient mes ancêtres, dans un beau journal blanc,en digne porteur de leur sang fier.

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