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novembre 26, 2009

Je ne sais pas ce qui motive ce billet, vraiment. Je suis en train de lire Paul Auster et, comme d’habitude, il me vient trop d’idées en le lisant, que sa lecture devient problématique. Je ne sais plus si je le trouve pédant ou intelligent. J’aime sa façon de voir les choses, mais pas ce qu’il dit. “Mais bon, y’a une bonne bonne pêche, c’est un homme mur, y’a des mômes, une voiture”, dit Tryo, comme une drôle de réponse à sa phrase « Les livres naissent de l’ignorance, et s’ils continuent à vivre après avoir été écrits, ce n’est que dans la mesure où on ne peut les comprendre. » Est-ce que Paul Auster est résigné? Pourquoi ai-je l’impression que cette phrase n’est pas fausse, et que je suis devenu tel un vieux garçon devant la littérature ou, du moins, devant le roman? Qui ne cherche plus le coeur sommeille à son côté. Ai-je trop goûté mon ignorance dans le romanesque, dans le narratif, dans ce qui fait du monde un monde si agressif et vivant? Je n’ai pas encore vraiment saisi la nature du démon qui se cache sous la ville de New York, dans Léviathan. Je suis peut-être assez naïf pour ne pas croire à une mauvaise prémonition zéroéenne. Alors je préfère donner mes premières impressions, c’est mieux qu’une longue diatribe trop critique. Pour cette raison, je lirai toute la nuit, comme un sacrifice somniaque, comme le one-night stand du lonesome quadragénaire. Et je savourerai le roman sans vraiment comprendre sa pleine puissance.

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novembre 25, 2009

Décidément, j’ai eu besoin d’un long silence, un petit mois sans parler en marchant sur des oeufs. La somme de ces jours ne déborde pas vraiment encore, leur coquille à peine craquée, on ne m’a pas assez violenté les idées. Mais j’éprouve une redondante et plate appréhension, de voir de derrière tous ces livres et ces auteurs dont je ne pourrai plus citer les noms, autrement qu’en exergue, et tous ceux qui se trouvent maintenant sur la tablettes du haut, celle des grands. À ce qu’il paraît, ça commence surtout avec Weber et Durkheim, et leurs textes fondateurs. On reverra sûrement Eliade qui m’apportera autant de réconfort dans ces classes montréalaises que le faisait Dostoïevski à mes débuts lavallois. Cette fois-ci la Russie ne me servira à rien. Je chéris donc Ovide plus que jamais et je m’accroche à Northrop Frye comme une bouée entre les mers littéraires et religiologiques.

J’attribue une nouvelle fois ce silence à l’absorption. Je reprends l’expression du dernier François récemment apparu dans ma vie, je verse du charbon dans ma fournaise. Je crois qu’il a bien vu en moi mon élémental de feu. Il m’a pris pour un homme en recherche constante de combustibles, de nouvelles vivacités, d’énergies qui sommeillent encore en plusieurs parties de son cerveau. Il a vu la lave de mes veines plutôt qu’écouté mes paroles aériennes. Je préfère, c’est peut-être là la nature du changement qui s’opère. Je sais voler, il est temps de détruire quelques villages par la déflagration de mon envol. Repousseront peut-être ensuite quelques contrées plus prospères, qui verront naître certains succès ou les prémisses de leur retour à la poussière.

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La Petite Roue derrière la Grande

octobre 17, 2009

En amitié, souvent on a des limites. Physiques, moins chez moi que d’autres que l’on connaît. Morales, on évite les sujets qui s’affairent sans crainte à démanteler certains principes acquis. D’autres plus insidieuses encore.

Jusqu’à quel point peut-on exprimer son amour sans se mêler les pattes dans les trames fraternelles ou sororales qui ignorent le sang? Peut-on vraiment donner de soi comme on donne un rein ou un bout de poumon? Ma présence elle-même suffit-elle à lui redonner un peu de force? Une amie chère s’est fait collisioner récemment.

Et je me surprends à me sentir faible en sa compagnie. Son corps se bat contre sa propre structure, pour lui rendre la dignité qui lui est due. Le mien s’empâte dans la bile et le sang pur. Rien ne pourrait me transcender plus que lui redonner la fierté de son origine, le pouvoir de la chasse, de s’ériger.

Comme elle, mes songes trouvent leur chemin, en effleurant le sol, en sautillant de mon esprit au sien. Je t’aime.

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J’aimerais parler quốc ngữ

octobre 15, 2009

Un poing a frappé au centre du corps

Débalance le coeur, réduit la chair en purée noire et saline

La peau qui éclate en suspects frissons

Le sang se débat, les sens s’émeuvent d’autant de retenue

Mes poils retiennent l’eau, qui imbibe comme larmes sur mer

Le plaisir de mes concentrismes déployés

Celui du corps qui sort de sa conscience

D’un craquement dans le masque miroir

S’engendrent le croissant, les paupières et cellules mortes

D’être plus doué pour la vie que tel ou telle

Savoir battre ses caresses

Se cacher dans les baies bleutées des pays perdus

Dois-je ouvrir chaque partie de moi pour aimer

Le relâchement

Le moment de paix

La fin

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Queer bates

octobre 4, 2009

Comment peut-on s’imaginer que la différence conserve en elle la ressemblance des membres d’une même espèce? Passer dix années entières au soleil le plus total, celui où l’homme qui cherche l’homme n’avait pas à se cacher, c’est une drôle de libération, en ce qui me concerne. Je n’ai pas réellement le sentiment que l’on conçoive une identité comme la mienne à part entière. Est-il possible d’abriter en soi un amour si grand, inconditionnel, asexué et pourtant narcissique? C’est ce que je crois vivre en moi, comme une conscience de l’onde humaine, la vibration de l’âme et pourtant, l’impossibilité intrinsèque de me dupliquer organiquement, ou du moins, la profonde indifférence face à ma descendance.

Nul besoin de voir chez la femme sa puissance créatrice.

Je possède la même au fond de mon creuset, mon coeur et mes paroles.

C’est un mirage écrasé qui m’aura épargné quarante années dans le désert.

C’est aussi un ultime message, celui où l’avenir n’est pas le souvenir des corps qui s’emboîtent, mais bien de deux esprits, qui s’effleurent en silence. Quelques larmes ne sauraient éroder toutes les fondations d’une humanité qui s’acharne bon gré mal gré à survivre à sa propre absurdité. Est-ce être étranger à l’amour, ou est-ce que nous montrons effectivement la voie d’une délivrance qui seule pourrait venir de ces esprits? J’aimerais trouver les échos rébarbatifs qui sommeillent en ma saine nature, ou chez le plus ancien des pédérastes, ce qui prouverait que nous sommes à la fois antéchrists et martyrs.

Façon paradoxale de dire que j’ignore peut-être en fait tout de notre raison d’être, et qu’il est vain de chercher – à moins de remettre en perspective spatiale sinon interstellaire – ce qui nous distingue vraiment, ce qui nous élève ou nous transgresse.

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Une page de Nothomb

octobre 2, 2009

Je bénis l’inventeur des fiançailles. La vie est jalonnée d’épreuves solides comme la pierre ; une mécanique des fluides permets d’y circuler quand même. La Bible, ce superbe traité de morale à l’usage des cailloux, des rochers et des menhirs, nous enseigne d’admirables principes pétrifiés, “que Ton verbe soit oui? oui, non? non. Ce que l’on ajoute vient du Malin” – et ceux qui s’y tiennent sont des êtres inentamables et d’un seul tenant, estimés de tous. À l’opposé, il y a des créatures incapables de ces comportements granitiques et qui, pour avancer, ne peuvent que se faufiler, s’infiltrer, contourner. Quand on demande si oui ou non elles veulent épouser untel, elles suggèrent des fiançailles, noces liquides. Les patriarches pierreux voient en elles des traîtres ou des menteurs, alors qu’elles sont sincères à la manières de l’eau. Si je suis eau, quel sens cela a-t-il de te dire oui, je vais t’épouser? Oui, je t’irriguerai, je te prodiguerai ma richesse, je te rafraîchirai, j’apaiserai ta soif, mais que sais-je de ce que sera le cours de mon fleuve, tu ne te baigneras jamais deux fois dans la même fiancée. - Ni d’Ève ni d’Adam

Parce que personne n’aurait pu si bien parler de l’amour, du vrai, celui où l’un et l’autre demeurent intact, et pourtant se métamorphosent doucement d’une illusion si parfaite qu’elle ressemble à une foi sadique. Sacrée Amélie.

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Souvenir

septembre 26, 2009

bouleversant

de sec. II.

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septembre 26, 2009

On aime le changement chromatique?

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Trop-plein

septembre 25, 2009

Paroles de Levi, ou le petit Constant :

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J’ai presque le goût de jurer en polonais “Mezencor!?”, mais je ne parle pas polonais, et Levi m’aurait trouvé un peu présomptueux. Je n’ai lu Faust qu’à demi et ma barbe n’est pas encore poussée tant que ça. Cependant, – parce que tu parles ensuite de l’Évangile de Jésus-Christ(?) et de l’indépendance de l’âme humaine devant le bien et le mal – tu me perds au tournant, Alph. J’ai besoin de plus de chair* que ça.

dieu versus darwin ouroboros

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Pot-pourri syllogistique

septembre 25, 2009

“Je ne ressentis pas la peur à laquelle j’aurais été en droit de m’attendre, c’était plus bizarre que ça, je me sentais comme porté vers l’avant par le souffle de cheval, c’est étrange n’est-ce pas, et en même temps à tout instant, j’appréhendais quelque phénomène hors norme, comme le ciel qui s’entrouvre et plante à mes pieds un jet de foudre m’interdisant d’aller plus loin, ou de rencontrer à chaque détour de chemin tout à coup un précipice bouillonnant d’immenses fumées pourpres, mais rien de tout cela ne se produisait, et je continuais d’avancer en me disant ça parle au diable” – Gaétan Soucy, La petite fille qui aimait trop les allumettes

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Nor do the Laws of Nature become less constant of effective, when we khow them, likewise, to be merely mental creations. They are in full effect on the various planes. We overcome the lower laws, by applying still higher ones – and in this way only. - The Kybalion

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“Nous n’arrivons jamais à naître

Nous croyons écrire / Pour donner du sens au monde / Puis, nous écrivons par devoir / Puis, nous essayons d’écrire pour le plaisir

Mais nous ne savons rien du plaisir

Alors, on commence à dire : lorsque j’écrivais

Et tout cela est triste” – Marc Chabot, N’être rien

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